samedi, mars 18, 2006

Les médias ne parlent plus que de ça, on en oublierait même la crise aviaire !

J'animais hier une conférence sur l'écriture biographique dans une résidence du 3e âge.
Comme à mon habitude, j'interrogeais des personnes de l'assemblée sur l'événement qui avait le plus marqué leur génération, et parmi les réponses, il y avait celle d'une ancienne enseignante à qui Mai 68 n'avait pas laissé que de bons souvenirs... Pour cette charmante dame, c'est l'actualité française qui a ravivé sa hantise.

Et rebelote, les voitures brûlent à nouveau, les français n'ont rien compris... on continue de prendre en otage la France, pour un oui ou pour un non, en engageant un bras de fer avec le gouvernement, qui ne pourra encore une fois que reculer, l'éternel retour à la case départ, avant la prochaine distribution des élections !

Toujours est-il que la situation ne change pas et que chaque jour le constat empire.
Pourquoi ne conclut-on pas un pacte ? Pour une fois on tenterait le coup : 2 ans de période d'essai pour le CPE, et si le bilan est négatif, on le retire.
Au pire, il sera encore temps de descendre dans la rue et de tout casser.
Mais au moins, on essaye !

Mais non ! les lycéens ne sont pas d'accord !
Comment se fait-il que notre pays ne fonctionne que dans l'excès ?
La politique est un loisir de vieillards et la contestation gronde dans les couveuses.

Encore une fois, les vrais concernés par ces mesures sont absents des débats et des rues.
Les 25-40 ans d'aujourd'hui, ceux que l'on sacrifie en attendant.
J'ai vu, au moins deux fois, le même chef d'entreprise, le patron de The Phone House sur les plateaux : Souriant, dynamique et médiatique, mais de quoi est-il représentatif ?
Il emploie déjà 2500 personnes, c'est formidable ! même si ce n'est pas Total ou Coca-Cola, le monsieur joue dans la cour des grands. Quand il a besoin d'embaucher, il appelle un cabinet de recrutement...

Pourquoi n'a t'on pas invité un jeune chef d'entreprise, un de ceux dont l'avenir est vraiment incertain, un de ceux qui prennent les vrais risques et qui pourraient changer la donne future, si... Si on leur donnait des moyens !

Pourquoi n’a t’on pas invité des patrons de grandes banques et de cabinets d’assurances ? Ils pourraient conforter ou infirmer les arguments prétendant que l’on mettra en place des mesures pour assouplir l’emprunt bancaire et les garanties à la location pour les titulaires de CPE. Je crois que cela aurait pû être un argument de poids. Sauf si là encore on nous roule dans la farine ?!

Sur ces mêmes plateaux de télévision, on entend des étudiants boutonneux interpeller, voir vanner les ministres comme en cours de récréation, en oubliant les simples égards que l'on doit à ses aînés, en oubliant qu'ils ne savent pas. Car on ne connaît le monde du travail que lorsque l'on a un peu pratiqué. Et ils ne le connaissent pas.

Il en est de même en politique, et souvent ces pasionarias en herbe n'ont réellement pas conscience qu'ils sont manipulés. Et pourtant ils risquent de gagner le bras de fer.

Toujours est-il qu'on reste dans l'impasse...

Les débats ne servent à rien quand personne n'écoute... et comme chacun campe sur ses positions, sans aucune intention de "moyenner", ça ne va pas changer demain.

Aujourd'hui les présidents d'université demandent 6 mois de dialogue... 6 mois, mais ajoutés aux 10 dernières années de réformes avortées, une éternité. En tous cas pour la génération qui de 25 à 45 ans vit cette période de valse hésitation, sans solutions concrètes à la clé.

Donc dans 6 mois, on bougera peut-être, si les élections ne sont pas déjà trop proches.

Peut-être faut-il des aménagements ? Pas besoin de conditionnel, c'est sûr ! Mais il faut avancer dans une direction, commencer à marcher... Il y a d'autres mesures à prendre. Le CPE seul ne fera rien.

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