samedi, mars 11, 2006

Pourquoi ce projet ?

1° Nous avons tous une biographie

Biographie, ce mot, de bio, la vie, et de graphie, l'écriture, résonne à nos oreilles comme une "chasse gardée" qui serait restée la propriété des grands de ce monde.
Quand on pense biographie, on imagine quelque personnage intrigant, une tête couronnée, un magnat de la finance, un puissant homme politique ou encore une star adulée par les médias.
Mais une biographie, c'est tout simplement notre histoire, et nous avons tous une histoire unique qui est le fruit de notre parcours et de nos expériences de vie.

2° Nous pouvons conserver notre histoire

Il y a encore quelques décennies, stocker des millions de vies n'eut pu être fait que sur un support papier, et alors, il aurait fallu 10 bibliothèques François Mitterrand... projet 10 fois pharaonique et inenvisageable.
Aujourd'hui les progrès techniques notamment réalisés dans le stockage de données numériques, font basculer ce qui n'aurait pu être qu'une utopie en véritable projet d'entreprise.

3° Notre histoire mérite d'être écrite et partagée

D'aucun pense aussi qu'écrire sa vie est une démarche nombriliste et hautement égotique.
Peut-être est-ce un des travers de notre mentalité française, souvent pour le pire, mais également pour le meilleur, et j'y reviendrais, qui est d'être hautement individualiste.
"C'est Moi, Ma liberté" en oubliant que pour cette dernière, elle s'arrête là où commence celle de la communauté.
Quand un autre raconte son histoire, qui plus est sans monopoliser la conversation d'un dîner… il peut y éprouver un certain plaisir personnel : ce sentiment du travail accompli.
Les années passent, nous accumulons un vécu, et pour aucun de nous, le bilan ne saurait être écrit en tout état de cause, faute de matière : Nous avons des centaines de souvenirs qui sont restés vivaces en notre esprit et qui sont la preuve de leur relative importance à notre mémoire. Nous les avons conservés en nous, là où nous avons aussi oublié tant d’autres choses.

4° Écrire pour sa famille et ses descendants

C'est un fait, notre histoire intéressera aussi, certains de nos descendants.
Il arrive dans toutes les familles, qu'un enfant occulte, ou même se désintéresse totalement de ses parents et de leurs histoires, nous en connaissons tous un exemple.
En revanche, il est fort probable que les descendants de ce même enfant, ait un jour, l'envie de savoir d'où ils viennent et de redécouvrir leurs origines.
D'autant que, ce qui ne nous est pas accessible est tellement désirable !
Si personne ne prend le soin de consigner quelques mémoires de notre passage sur cette terre, les sources d'informations seront presque inexistantes, et toujours, ô combien frustrantes :
Hormis pour quelques chanceux, on ne trouvera plus que 2 dates sur une pierre tombale ou dans un arbre généalogique, et personne ne se définit en 2 dates, ni même en une phrase.

5° Écrire pour son prochain

Quelques âmes soeurs inconnues ne manqueront pas non plus de se reconnaître à travers votre histoire, ou d'une certaine communion de pensée. Peut-être que votre expérience leur sera-t-elle d'un réel secours. Sans oublier, ceux qui effectuent des recherches historiques ou thématiques, dont l'histoire de nos vies, emprunte de la mémoire de l'époque, constituera un matériau inestimable.

6° Écrire pour préserver la mémoire d'une époque

Qui n'a pas dit ou entendu, il faudrait que l'on enregistre Tante Yvonne ou Bon Papy... déclaration d'intention animée par une réelle volonté de faire, mais bien rarement traduite par des actes.
Un philosophe Africain, Amadou Empathé Ba* disait que "lorsqu'un homme meurt, c'est comme une bibliothèque qui brûle"… Effectivement, lorsque l’un de nos aînés tire sa révérence, comme le dit la chanson, ce sont des pans entiers de notre histoire qui tombent en poussière : valeurs oubliées, métiers tombés en désuétude, réalités ou leçons trop vite digérées, nos perdons la trace et la connaissance des circonstances qui ont préparé le monde dans lequel nous évoluons, et sur lequel, nous agissons à notre tour.

7° Écrire pour garantir la vérité historique

Pour aller encore plus loin et conclure, il n'y a pas si longtemps, Leonid Kroutchev disait que "l'histoire n'a pas besoin du passé". Ce personnage n'avait pas pour réputation d'être un plaisantin et personne ne saurait mettre en doute, que d'une certaine manière, il avait raison. Non pas, dans la véracité universelle de son propos, mais dans sa réalité empirique spatio-temporelle : En URSS à l'époque, il avait presque raison.
Or la diffusion et le partage des mémoires et des points de vue individuels, à propos d’une époque et des événements qui la jalonnent, ne permettront plus à d'autres de réécrire leur vérité historique.
Nous avons tous un devoir de mémoire, et je ne doute pas que la somme des milliards de nos trajectoires et de nos êtres ne fasse pas partie du patrimoine de l'humanité. Toutes nos petites histoires, mises bout à bout, composent les fragments indissociables du « grand puzzle historique ».


*merci à Avrila pour la correction orthographique

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