Certes Nicolas Sarkozy a été élu pour réformer la France. Il l'a dit et il le fait, la situation de notre pays l'imposait. Soit.
Réduction du nombre de fonctionnaires et meilleure répartition, diminution du nombre de profs, regroupement des tribunaux, réorganisation de l'enseignement de la maternelle à l'université, abandon de la participation de l'état à la carte Famille Nombreuse (ajourné depuis), augmentation de la TVA pour alléger la contribution des entreprises et dynamiser l'économie...
La liste est longue, la pluie de mesures envisagée semble ininterrompue depuis mai 2007 et l'on parle de politique de rigueur.
Aujourd'hui, Roselyne Bachelot nous annonce que certaines dépenses de santé ne seront peut-être plus prises en charge par le régime général : Optique et peut-être même dentaire.
Comme toujours, l'idée c'est que quelqu'un d'autre va payer à la place de l'état, en l'occurrence nous, les contribuables via nos mutuelles.
Mais 8% de français n'ont aujourd'hui aucune couverture complémentaire et parmi ceux qui sont couverts, beaucoup renoncent ou retardent un changement de lunettes ou la pose de prothèses dentaires, faute d'un remboursement suffisant de ces couteuses dépenses.
De la rigueur à l'austérité, il n'y a qu'un pas, comme la goutte qui fait déborder le vase.
Quand on connait l'importance de la vue et de notre dentition, il est compréhensible et même normal, que chacun de nous craigne de ne plus pouvoir financer ce type de prestation. Surtout quand le simple fait de se nourrir devient problématique avec la hausse des matières premières alimentaires, sans oublier celles des énergies, pétrole en tête, suivi par le gaz et l'électricité dont les tarifs ne cessent d'augmenter.
Les français se sentent de plus en plus pauvres et ils le sont. Mais surtout les plus pauvres, ce qui travaillent plus et qui ne bouclent plus les fins de mois. Il est bien loin le temps où l'on mettait de l'argent de côté. Sauf à hériter de son logement, il est de plus en plus difficile d'acheter, même de petites surfaces, quand bien même si l'on est prêt à s'endetter sur 30 ans.
Alors c'est vrai que nous devons certainement nous serrer un peu la ceinture, mais à force de comprimer, on peut finir par asphyxier. Et ce n'est bien évidemment pas souhaitable.
L'important est de compenser et de bien redistribuer. Mais est-ce la direction que nous prenons ? Quand on voit que Brice Hortefeux a refusé d'installer son ministère de l'immigration dans des locaux à 250-350€ le m2 et qu'il bataille pour louer rue de Grenelle à 800€ le m2. (source Challenges)
Alors oui, faisons des économies, mais sur tous les plans et à tous les niveaux, et ne dilapidons pas inconsciemment ce que nous économisons à la sueur de nos fronts.
Il est temps que l'état réduise aussi son train de vie, Louis XVI devrait servir de leçon !